Au Botanique, Salami Rose Joe Louis nous emmène au-delà de la stratosphère
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Auteur·ice : Chloé Merckx
14/11/2023

Au Botanique, Salami Rose Joe Louis nous emmène au-delà de la stratosphère

Dans le genre terne et maussade, on ne faisait pas mieux que la soirée de samedi passé. C’était sans compter la petite réunion qui se préparait dans la crypte du Botanique, le fameux Witloof bar. Salami Rose Joe Louis, de son vrai nom Lindsay Olsen, s’adonne à l’alchimie mélodique à l’aide de synthétiseurs et de boites à rythme.

En guise de première partie, c’est le musicien belge Abel Ghekiere qui a ouvert le bal des sonorités abstraites et végétales. La disposition de ses instruments et autres babioles sonores posées sur le sol ont donné l’envie à une bonne partie du public de s’assoir en tailleur pour ingérer les sons qui se présentaient à nous. Lui aussi posé sur le sol, Abel joue des vinyles instrumentaux sur lesquels il superpose un peu de guitare, de la clarinette et un peu de poésie. Son approche cinématique nous fait voyager dans un souvenir lointain grâce à ses inserts et des artifices sonores qui nous renvoient à un diner entre ami·es pendant une soirée d’été.

Viennent ensuite la très attendue Salami Rose Joe Louis et son guitariste qui effectuent timidement un dernier soundcheck avant de nous emmener flotter avec les nébuleuses. Du haut de son siège de piano rafistolé, T-shirt troué et chaussettes remontées, Salami Rose nous salue avec un voix aussi douce que celle d’une petite fée des bois “on va vous emmener dans une petite aventure”.

Petit à petit elle met en route ses instruments et plusieurs sonorités aquatiques viennent à nous. Bercé par la douce voix qui flotte au-dessus de nous, une partie du public est resté assis, en complète admiration. À plusieurs moments pendant le concert il sera difficile de distinguer l’improvisation de ses compos, mais cela n’a pas d’importance, nous sommes ici pour nous faire porter par le son. Elle enchaine ensuite avec le joyeux Losing Stream, un titre issu de son dernier album Akousmatikous.

À l’image de ces bonbons sans fin dont chaque couleur se dévoile au fur et à mesure des coups de langue, Salami progresse sur son piano en enchainant les atmosphères mélodiques, à la poursuite d’un moment de grâce acoustique. Entre les deux musicien·nes, l’alchimie est palpable, mais ce sont leurs vingt doigts, défilant sur les touches et les manches, qui mènent la danse.

La musique qui nous emporte laisse la place à l’imagination. Un clavier qui sonne tantôt comme les pas d’un petit chat, tantôt comme un bain à bulles qui déborde. Après six projets, il faut dire que la Californienne a appris à maitriser ses ambiances cosmiques. À la manière d’un objet volant non identifié, sa musique envoie des messages codés ayant l’air de venir du tableau de commande du Millennium Falcon.

Pendant quelques minutes, la musicienne laisse la place à son guitariste qui nous offre un solo de guitare tout aussi envoutant que le reste. On restera marqué·es par sa nonchalance, assis sur sa chaise les pieds étendus comme s’ils étaient posés sur une table basse, ses mains naviguent sur sa fender comme les tentacules d’un octopus sur la barrière de corail.

Parmi ces élucubrations jazzeuses, nous aurons tout de même distingué quelques titres comme Losing Stream, Cyanotype of Blue et Cathartic Interlude. Pour finir ce concert sur une note intime et cosy Salami Rose Joe Louis nous interprète le doux Cosmic Down/ Eight Dimension avant de terminer sur une note rythmée improvisée. Pour contrer la grisaille, offrez-vous un petit Salami, c’est doux, coloré, chaleureux et surprenant.

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