Ces moments qui ont fait du MaMA l’incontournable rendez-vous parisien de l’automne
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Auteur·ice : Rédaction
14/11/2023

Ces moments qui ont fait du MaMA l’incontournable rendez-vous parisien de l’automne

| Photos : Alice Sevilla et Anne-Clémence Fouin pour La Vague Parallèle · Article co-écrit par Coralie Lacôte, Rafael Dufour et Joséphine Petit

Chaque année à la mi-octobre, c’est le retour du MaMA Music & Convention. L’occasion pour nous de se demander pendant des heures quel sera notre programme, tant les artistes qui s’enchaînent – et se superposent – nous parlent et attisent notre curiosité. S’il a fallu faire des choix, nous ne les regretterons pas, tant le MaMA nous aura offert cette année de brillantes découvertes parées de moments suspendus. Retour sur nos instants préférés.

Fernie comme à la maison à la Cigale

Amorcer la première nuit du MaMA à la Cigale n’est pas une mission facile. Même pas peur pour Fernie, chanteur canadien qui a su engager la foule avec une espièglerie charmante. Tout se joue dans ses clins d’oeil et ses regards suggestifs, parfaitement attelés à son r’n’b agile et sensuel. La Cigale fait resplendir sa voix tendre et puissante, arrondie par une instrumentation généreuse. Fernie occupe toute la scène et prend du plaisir autant qu’il nous en donne, comme sur le luxuriant New BeginningsIl suffit de le regarder louer les frissons du moment présent sur cette foulée de beats traditionnellement r’n’b pour esquisser un léger sourire. À peine la chanson terminée, le Montréalais a le regard fuyant, lâche des rires nerveux accompagnés d’une main gênée devant la bouche, se pressant d’annoncer la prochaine. Puis dès que les premières notes retentissent, Fernie renaît, de retour dans son terrain de jeu préféré. 


Thee Dian, en toute sensualité

Si Fernie cultive un penchant addictif pour la suggestion, Thee Dian n’a pas le temps pour ça. La seconde succède au premier dans la mythique salle de la Cigale. Avant le concert, on a hâte sachant que Thee Dian fait partie de cette nouvelle génération d’artistes affamé·es qui remanient les codes r’n’b et afro-beats avec ingéniosité. Si de ce côté nous n’avons pas été déçu·es, on a aussi découvert une vraie prédatrice sur scène. La chanteuse aborde la scène avec une nonchalance envoûtante, presque dédaigneuse parfois, à quoi on lui dit “merci”. “Envoie la ssssauce”, siffle-t-elle, comme un cobra prêt à se jeter sur sa proie. Chaque syllabe et mouvement de bassin répondent au moindre beat de ses productions ardentes. Il en est de même pour son flow, stimulé par ce semblant de menace dans le ton, qui rend fou le public. Le jeu du “suis-moi, je te fuis”, Thee Dian le connaît très bien et sait qu’elle en ressort toujours gagnante.


Le rock fuligineux de Dirty Shades

Dirty Shades, c’est l’impression qu’on nous caresse avec une main et qu’on nous plante avec l’autre. Tout droit venu d’Angoulême, le groupe gratifie la scène parisienne de son rock cinématographique, rugissant et émotionnellement pluriel. La mélancolie, la rage, le désespoir et l’amertume tourbillonnent dans la voix d’abord grésillante puis criarde d’Anouk, comme si un poids trop lourd à porter se libérait au fur et à mesure des morceaux. Ces derniers progressent comme une bougie que l’on contemple se consumer, avant que celle-ci ne déborde. Avec l’ambition d’aller toujours plus haut et plus fort, le groupe explose en fin de chanson, comme des bêtes en cage qu’on tente de retenir. La voix de la détresse devient celle du chaos, engorgé par des guitares quasi shoegaze et une batterie infernale. On vous rassure, on est toujours en vie après le show ; certes avec le sentiment étonnamment agréable qu’on vient de nous rouler dessus. C’est le prix à payer pour ce spectacle des grands affects.

© Anne-Clémence Fouin Pour La Vague Parallèle


La Cigale devenue club grâce à Liv Oddman

Impossible de parler des interprétations qui nous ont marqué·es sans évoquer celle de Liv Oddman. Encore imprégné·es du souvenir de son passage aux iNOUïS du Printemps de Bourges en avril dernier, on file à la Cigale le cœur empli d’espoirs. Dans l’obscurité, une sirène retentit et sonne le début du set. Sous des lumières tout en contrastes, l’artiste occupe la scène avec une élégance et une aisance qui nous surprennent une nouvelle fois. Le concert est intense, la foule dense donnant rapidement l’impression que la salle devient club. On se laisse ainsi porter par l’électricité ambiante, de quoi s’échauffer avant de foncer à la Machine du Moulin Rouge pour la suite de la soirée.

© Anne-Clémence Fouin pour La Vague Parallèle


The Holy : du rock et une pincée de sentiments

Quelle meilleure opportunité que le MaMA pour prêter nos yeux et nos oreilles aux Finnois de The Holy ? Tout droit venus de Helsinki pour leur première date en France, on se dira après show qu’ils n’ont rien à envier à nos talents locaux. Deux batteries pour l’énergie, des guitares à profusion pour la fièvre et de la mélodie dans le chant : l’addition idéale pour garantir les frissons qu’on était venu·es y chercher. Si l’on a retenu notre respiration sur l’introduction magistrale offerte à There Is a House, c’est une véritable prestation que le groupe a livrée ici, à grands coups de charisme, de bains de foule et d’escalade de batterie, le tout enrobé d’une cohésion touchante qui laissera l’émotion monter dans un dernier tableau magnifique où le chanteur posera doucement sa tête sur l’épaule du guitariste, comme pour faire retomber l’ivresse de l’instant, avant de mieux repartir au front. Nous aussi, on aurait bien eu besoin d’une épaule où poser notre tête pour remettre les pieds sur terre après ce concert de haut calibre.

© Alice Sevilla Pour La Vague Parallèle

© Alice Sevilla pour La Vague Parallèle


Direction Pluton avec Savaan

À peine descendu·es au sous-sol de la Machine du Moulin Rouge que l’on commence déjà à sentir nos pieds quitter le sol. Sans surprise, le duo Saavan rase ce petit espace de toute forme de gravité avec sa musique crépusculaire et rêveuse. Les voix fluettes des deux membres flottent sur des tableaux électroniques délicatement confectionnés, dont la beauté iridescente se révèle par de multiples variations de synthés. Chaque composition prend son temps et s’étire jusqu’à s’envoler vers des horizons upbeat qui n’ont pas manqué de faire valser nos petits bassins. Le très nostalgique Flown résulte de ce schéma avec des premières notes cristallines qui finissent emportées dans une vague synthétique électrisante. Comme aux commandes d’un vaisseau spatial, chacun se tient avec rigueur derrière sa boite à rythme et ses synthétiseurs, qu’ils manipulent avec précision pour infuser toute la magie de leur musique. Nous voilà alors propulsés dans la traversée électro-pop de Savaan avec une quiétude rassurante, qui nous enveloppe comme un doux cocon.

© Alice Sevilla pour La Vague Parallèle


Lorsqu’on a arrêté de se prendre au sérieux avec Les Clopes et Dalle Béton

Quoi de mieux pour finir notre première soirée que l’enchaînement des Clopes et Dalle Béton ? Impossible d’ailleurs de penser qu’il n’est pas le fruit d’une programmation savamment pensée et délicieusement irrévérencieuse. Comme une blague qui nous dépasse mais que l’on maintient pour ne pas perdre la face, Les Clopes livrent un pastiche new-wave pensé dans les moindres détails. Les allures, les postures, les synthés, les guitares : tout est là pour nous faire croire à un revival véritable. Dans la salle, les néophytes trop sérieux s’étonnent du spectacle tandis que les initié·es en rigolent. Encouragé·es par la surprise provoquée et heureux·ses de retrouver ce rendez-vous presque joyeux, on se prend au jeu. Éternellement schlag, on se rêve profitant des dimanches à Trentemoult ou des après-midi à Evreux, et on s’époumone pour conjurer nos angoisses sur des refrains savamment efficaces : Cimetière coquinou, Attention dépression, Fascination béton. 

En parlant de béton, notre plaisir est immense de retrouver ensuite les Bretons de Dalle Béton. Après nous avoir donné la fièvre à Rock en Seine cet été, on les retrouve plus en forme que jamais, prêts à enflammer une Machine bondée. Fidèles à leur réputation, ils enchaînent les chansons et les discours irrévérencieux. Tradition punk oblige, nul·le n’est épargné·e. Des membres du gouvernement aux bobos parisiens, en passant par la Sacem (partenaire officiel du festival) jusqu’au MaMA même dont ils moquent une conférence prévue le lendemain censée selon leurs mots nous sauver de la catastrophe climatique grâce au marketing dans la musique, Dalle Béton n’en a que faire des conventions. Ils ne sont pas là pour faire le dos rond mais pour couler une dalle de béton comme l’indique leur nom. On profite donc du spectacle et de sa synergie punk qui rafle tout sur son passage. On chante, on danse et on conjure notre rage. Si on sent quelques fois nos cœurs s’enflammer, on finit par reprendre pied, comme la barque gonflable avec laquelle ils surfent sur le public finit toujours miraculeusement par retrouver le chemin de la scène.

© Les Clopes par Anne-Clémence Fouin pour La Vague Parallèle

© Dalle Béton par Anne-Clémence Fouin pour La Vague Parallèle


La chorale de Loverman

Il y a quelques jours, nous vous partagions notre conversation avec celui dont les lovesongs campent désormais parmi nos préférées. Avant ça, nous avons eu la chance de le revoir sur scène lors du festival, et nul doute pour dire que son passage aux Trois Baudets nous a particulièrement marqué·es. Seul sur scène, le poète folk nous a à nouveau subjugué·es par sa présence. Après une longue intro à la guitare, qui tutoie parfois les dissonances le plaçant ainsi directement dans la lignée des artistes expressionnistes, il livre une version intimiste de Call me your loverman. Sur scène, il se dévoile complètement, met ses tripes sur le plateau et n’hésite pas à se passer du micro pour lâcher ses émotions sans médiation. Comme un peintre, Loverman explore et déploie toutes les nuances d’une large palette. Usant d’altérations voire de coupures de rythme, il passe ainsi de compositions acoustiques dépouillées et brûlantes de sincérité comme Into the night à des morceaux plus enjoués tels que Would (Right In Front Of Your Eyes). Valsant entre vulnérabilité totale et exaltation, le musicien profite de notre instabilité pour nous cueillir à la fin du concert avec son désormais célèbre tour de chant sur Differences Aside, déjouant ainsi la disposition de la salle pour laisser place à une grande chorale. Magistral.

© Alice Sevilla pour La Vague Parallèle


Un concert entre amis avec The Big Idea

Après avoir enregistré un album sur un voilier, la joyeuse bande a rejoint son port natif de La Rochelle pour penser la suite du projet. On se réjouit ainsi de découvrir en avant-première les esquisses de leur prochain disque. Sur la scène de la Machine, ils nous offrent un concert énergique. Complices, ils se sourient, dansent et dialoguent à travers leur musique, laissant ainsi largement transparaître l’amitié qui les lie. Si les morceaux sont pour leur grande majorité très enjoués, faisant la part belle à de longues parties de guitares ou de synthés, The Big Idea ne se formate pas pour autant à un seul genre et n’hésite pas à se montrer plus vulnérable à travers des chansons d’amour puisqu’on a « tous besoin d’amour surtout à Pigalle ».

© Anne-Clémence Fouin pour La Vague Parallèle


La soirée des iNOUïS du Printemps de Bourges

C’est devenu un rituel chaque année. Le jeudi soir du MaMA, au Backstage By the Mill, défilent les lauréat·es des prix des iNOUïS du Printemps de Bourges Crédit Mutuel. Pour cette édition, on a d’abord retenu notre souffle devant Aghiad et les lumières dorées qui enrobaient les trois musiciens. Si l’on vous avoue connaître déjà les morceaux par cœur, c’est simplement parce qu’ils soulèvent en nous des émotions cachées. Au croisement des guitares et des synthés avec un oud, forts de la sortie récente d’Anima, le trio ouvre ici la soirée avec sensibilité et brio, deux qualités qui font déjà de ce projet un incontournable de la scène émergente française actuelle. C’est BRIQUE ARGENT qui prendra ensuite le relais, nous plaquant sans cesse au sol pour mieux nous relever délicatement ensuite. On le suit volontiers dans sa chute infinie, porté·es par les incroyables tableaux présentés sur scène, peints par la rencontre entre interprétation et lumières. On finira par danser sous le soleil avec Demain Rapides, pour qui on chausse nos baskets lorsqu’il enfile ses lunettes de vitesse. À mesure que le set défile, on regrette vite que seul un titre soit disponible en ligne, alors que le Lillois n’est certainement pas en manque d’énergie : avec lui “on pisse le sang, comme un supporter de Lance”, on se demande “à quoi bon le soleil ?”, on lance des “épées en l’air”, et on pleure les chiens perdus. Un moment de spoken word suspendu dans la fumée finira de nous convaincre qu’il nous faut définitivement garder un œil sur l’artiste.

Aghiad © Alice Sevilla pour La Vague Parallèle

BRIQUE ARGENT © Alice Sevilla pour La Vague Parallèle


La nuit du jeudi à la Machine du Moulin Rouge

Passée la soirée des iNOUïS, une seule destination nous appelle : la Machine du Moulin Rouge. Jouant avec nos sentiments dans une tornade de genres, direction l’Angleterre, la France, Taïwan et la Suisse en quelques heures. C’est The Talking Shop qui a le privilège de nous faire danser en premier, lorsqu’en trente secondes on retrouve nos talons en lévitation, à sautiller sur nos pointes de pieds dans la fumée de la Chaufferie de la Machine. On ne pouvait rêver meilleur lieu qu’un sous-sol pour accueillir le post-punk des Britanniques. Enchaînant pépites et trésors, on reste hypnotisé·es par la chaleur dans la voix de Matthew et l’éloquence de la basse d’Hayden, relevées par une batterie, des percussions et des guitares juste comme il faut. C’est Sierra qui viendra couper court au groove dans un ouragan synthwave qui donne envie de tout casser lorsque se déchaîne Unbroken sur la Machine du Moulin Rouge. On oublie les visages autour de nous et on plonge volontiers tête la première dans la tempête, avec pour seule guide Sierra, sa colère et ses machines, qui nous feront répéter “Take back the power !” jusqu’au bout.

En découvrant le programme de la soirée, nous avions levé un sourcil, voyant s’enchaîner Sierra avec The Dinosaur’s Skin, pour finir avec Psycho Weazel. Mais quelle belle farce si c’en était une ! The Dinosaur’s Skin fut la vraie respiration de cette soirée sous caféine, laissant douceurs et mélodies flotter dans les airs depuis le sous-sol de la Chaufferie jusqu’à la Machine. Coiffé·es de têtes de T-Rex et autres tricératops que les curieux·ses auront pu apercevoir dans tout le festival, le duo de Jurassic-Pop a conquis nos petits cœurs refroidis jusqu’à nous faire chanter les chœurs de Jurassic Ride. Lorsque Psycho Weazel monte sur scène derrière, il est déjà tard, mais peu importe, nous n’avons pas prévu de manquer le dernier voyage de la soirée. Naviguant d’un set très électro aux pointes d’italo-disco de Gomina, sans oublier le désormais classique slow final sur Laisse-moi t’oublier, l’heure est à l’oubli de soi dans la danse et l’instant qui réunit encore ce petit monde qui, comme le dit si bien Léo, peut tout changer par un “même geste, au même moment”.


Fatima : le grunge dans le désert

Avec un timbre de voix éraillé qui rappelle fortement celui de Kurt Cobain, difficile de ne pas tomber inlassablement dans les bras du groupe Fatima. Leur nom est aussi mystique que leur musique qui fait la rencontre entre un grunge dépouillé et des sonorités orientales vaporeuses. Le trio parisien s’est produit le vendredi dans le petit sous-sol de Backstage by the Mill, rapidement transformé en désert ensablé. La voix éraflée d’Antoine, aussi revendicative qu’émotionnellement chargée, sort des abysses avant de rapidement se confondre avec les riffs agressifs de la guitare électrique. Les performances de Fatima frappent toujours fort au début, avant de perdre le public dans leur propre nébuleuse ensorcelante. En un mot : grandiose. 

© Alice Sevilla pour La Vague Parallèle


NOUS ÉTIONS UNE ARMÉE : des mots pour réveiller les maux

Un nom en majuscules pour mieux nous préparer. NOUS ÉTIONS UNE ARMÉE, ce sont des moments de fièvre et de douleur apaisés par des instants de douceur parlée, dans des morceaux aux couleurs feutrées et intenses à la fois. De retour à la Chaufferie du Moulin Rouge, on se dit décidément une fois encore que le lieu semble leur coller à la peau. Évoquant le soleil dans ce sous-sol avec des sentiments de trop-plein, de pertes et d’amours par des mots ou des cris libérateurs, des guitares tendres ou acérées, le duo fait tomber les barrières et parle tout droit à nos cœurs. Nous vient l’envie d’hurler lorsque Léo frappe sa poitrine pour nous signifier sur ce ton : “ce qui en moi criait !”. On s’oublie ainsi dans l’instant, emporté·es par sa frénésie. Touché·es, coulé·es.

© Alice Sevilla pour La Vague Parallèle


La fièvre signée Michelle & les garçons

Lorsqu’entrent en scène Michelle & les Garçons dans la Chaufferie du Moulin Rouge ce vendredi et dernier jour de MaMA, on pourrait toucher la tension du doigt. Alors que leur nom circulait sur toutes les lèvres depuis le début du festival, on retrouve rapidement toutes les têtes qu’on a croisées ces derniers jours : le beau monde est là, la fête peut alors commencer. Soufflant nos potentielles attentes à l’allure d’un TGV, le trio mené par Louise au chant déchaîne une énergie aux rafales magnétiques sur nous. Naviguant dans la foule comme son élément premier, elle fait entrer dans la danse même les plus fatigué·es à l’arrière, avec l’aisance d’un charme fou. On se laisse prendre au jeu sans même réfléchir, nous voilà dans un autre monde, aux accents d’une Catherine Ringer qui aurait avalé Fishbach. Un monde qui nous plaît bien et que l’on quitte à contrecœur avec Bizarre. On trouvera du réconfort à se dire que ce n’est certainement pas la dernière fois qu’on verra le trio sur scène.

© Alice Sevilla pour La Vague Parallèle

© Alice Sevilla pour La Vague Parallèle


Les berceuses de Jelena Ciric

Après la fièvre de Michelle & les Garçons qui aura absorbé nos dernières étincelles d’énergie, il ne restait plus qu’un seul arrêt sur notre liste : les fauteuils rouges des Trois Baudets. Parce qu’on ne pouvait pas filer retrouver nos lits sans une dernière berceuse – que serait la musique sans ces douces mélodies qui nous enveloppent de couvertures tissées de rêves ? – c’est Jelena Ciric qui se fera l’honneur de nous l’offrir. L’Islandaise, qui s’excuse de tourner le dos à son public pour jouer sur son piano, se présente à nous pieds nus, accompagnée d’une violoniste et d’un accordéoniste, dans une formation délicieuse qui élève sa voix de cristal. On terminera cette édition du festival les larmes aux yeux devant son interprétation de Fig Tree, les fredonnements de nos voisin·es venant sublimer les quelques notes de violon, et le texte nous faisant voyager tout droit dans le jardin de sa grand-mère – ou de la nôtre – pour notre plus grand plaisir. Un très bel au revoir au MaMA, et à l’année prochaine !

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