Les clips de la semaine #62

Tu fais tourner ?
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Les clips de la semaine, c’est votre rendez-vous du dimanche. Pour faire passer votre gueule de bois et pour adoucir votre week-end, on vous sélectionne les clips qui ont fait l’actu de ces derniers jours. Les clips de la semaine épisode 62, c’est maintenant !



© Photo : Charlotte Rutherford

Empress Of – Give Me Another Chance

Retour tout en style pour Empress Of. La pop star hispanique que nous avions eu le plaisir de rencontrer pour une interview solaire effectue cette semaine un comeback dansant et explosif. Intitulé Give Me Another Chance, l’impératrice Lorely Rodrigez (de son vrai nom) ne s’éloigne pas de ses bonnes habitudes : kicks lancinants et percussions habitées, le morceau est imparable. Des rythmes qui nous entraînent forcément sur la piste de danse, plateau de jeu du réalisateur Alexis Gómez qui semble s’être amusé à manipuler les corps chaloupés et autres plans en plongée totale pour un rendu immersif et alléchant. On vous parlait de style, c’est surtout la chevelure de Rodrigez qui scintille sur ce visuel. Imaginée par l’excentrique Mariana Palacios, c’est entre chaînes dorées et tresses que se construit l’extravagante coiffure de l’artiste. Parce que la fashion week n’est jamais vraiment finie.

Teebs – Atoms Song (feat. Thomas Stankiewicz)

Installez-vous confortablement, on vous offre vos cinq minutes de détente de la semaine. Les algorithmes magiques des Internet nous ont guidé·es sur la route de TeebsMtendere Mandowa (de son vrai nom) est la preuve que l’on peut grandir dans le Bronx et être autre chose qu’un rappeur. Plot twist. En octobre dernier sortait Anicca, un album ambient délicat à souhait gracié par les critiques du monde entier, dont Pitchfork qui attribuait au disque le mérite d’arrêter le temps. La musique de Teebs est atmosphérique, enrobante. Au croisement entre Jon Hopkins et un Xanax, le morceau est un pur shot d’évasion et de frissons. Et il suffit d’écouter Atoms Song pour le comprendre. Le morceau est un véritable bonheur cérébral qui joue sur des couches électroniques et de synthé vaporeuses pour composer un ensemble cohérent et envoûtant. La finesse de la production se retrouve aussi dans des plans à couper le souffle, au cœur de la nature captivante des paysages irlandais. Il sera à l’affiche de la soirée NCHTWNKL de l’Ancienne Belgique le 18 mars prochain et autant vous dire que c’est un immanquable.

Bree Runway – APESHIT

Vous n’êtes probablement pas prêt·es pour ce qui arrive. Bree Runway, elle, est prête depuis des années. 2020 s’annonce fructueux pour cette jeune artiste Britannique, blindée par les quartiers chauds du Murder Mile londonien. Son premier EP Be Runway se dévoilait fin de l’année passée et avait déjà affolé la planète rap. D’une poigne féroce et bruyante, s’appropriant d’une main de maître les codes du rap, la pop star s’apprête à mettre tout le monde d’accord. Ou pas. Car oui, tant d’excentricité ne plaira pas forcément à tout le monde, et Bree n’a pas vraiment l’air d’être le genre de femme à s’en préoccuper. Si elle en fait trop pour vous, c’est probablement que vous n’en faites pas assez vous-mêmes. Rythmé par une succession étourdissante de tableaux colorés, énervés et gorgés de girl powerAPESHIT est le banger qu’il nous fallait pour affronter la grisaille. Aux nostalgiques du rap franc et percutant à la Missy Elliott : vos prières ont été entendues.

Jadu Heart – Suddenly I Know Who You Are

Jadu Heart nous revient avec son nouveau single Suddenly I Know Who You Are. C’est aussi le retour de la guitare électrique saturée qu’ils avaient déjà mise en avant dans leur deux derniers singles Another Life et Dead Again. Malgré leur tournée en cours, les londoniens ont pris le temps de nous dévoiler ce morceau sensuel, à sa manière. Des silhouettes entourées de méduses pour une vidéo dominée par les tons bleus. Le clip sort d’un monde conceptuel qui leur appartient complètement. Le groupe a toujours quelque chose d’incompréhensible qui casse les codes, autant dans leurs visuels que dans leur performances live. Ils nous emmènent dans un univers, une atmosphère spéciale qui leur est propre. Quand on voit du Jadu Heart, on ne trouve aucune similarité avec un autre groupe. Une ambiance qui nous garde en haleine jusqu’à la fin, on ne sait trop pourquoi.

Larry – Enfant compliqué

Larry, le nouveau venu de la scène rap francophone vénère continue de nous présenter son projet Cité Blanche, paru le 30 janvier dernier, riche d’un éclectisme intéressant. Dans une seule et même discographie, on peut ainsi y trouver un Woin Woin et un Enfant Compliqué. Là où le premier, rythmé et purement entertaining, offre un tube à succès (34 millions de vues sur Youtube), le second met en exergue la profondeur d’un texte autobiographique touchant. Des lignes qui trouvent écho dans un visuel soigné, signé BLACK Vision, qui retrace le parcours compliqué d’une enfance nuancée au cœur des cités chaudes. Simple et authentique, le visuel brille par cette histoire temporelle d’un jeunot un peu maladroit, toujours fourré dans les sales histoires. Coupe peroxydée, trainings codifiés ou allures de gangster : rien ne camoufle la sensibilité poignante de ce morceau. Le rap français un brin sentimental, voilà qui fait du bien.

Greentea Peng – Ghost Town

Encore une grande voix dénichée par les studios COLORS, où le grain si unique du britannique avait fait opérer sa magie sur le titre Downers. Résolument plus reggae, Ghost Town est la nouvelle pépite de l’artiste qui fait suite aux cinq bijoux de son premier EP Rising. À la manière de Joy Crookes et son somptueux London Mine, la chanteuse insuffle à ce nouveau titre tout son amour pour Londres ainsi que sa hargne de voir les choses évoluer positivement. Inspirée par la fibre du groupe Iration Steppas, le morceau se dresse comme un pamphlet à l’encontre d’un gouvernement trop lâche envers ses citoyen·nes : “c’est une observation de l’échec du gouvernement qui abandonne les jeunes, qui abandonne les vieux, qui abandonne ceux qui travaillent”. Menés par la réalisatrice Melody Maker, les différents tableaux du visuel nous font traverser les rues londoniennes dans un noir et blanc élégant. Aria Wells, de son vrai nom, s’y insurge des situations de ces “villes fantômes”, dont les couleurs devenues ternes résonnent encore. “Ghost Town est une ballade que j’ai écrite pour Londres et ses habitants, une ballade que j’ai écrite pour leur rappeler la magie de leur ville.”

Porches – Patience

Étrange et beau. Voilà comment définir Aaron Maine et son nouveau clip. Deuxième extrait de son prochain album Ricky Music, ce morceau continue d’attiser notre impatience quant au potentiel de ce disque tant attendu qui s’annonce déjà aussi sublime que le premier, The Houseparu en 2018. La musique de Porches parfois caresse et parfois claque. Ici, c’est les deux. La première partie du morceau nous emporte sur une attendrissante balade à l’eau de rose avant de scinder le titre sur une cacophonie striée d’accords de guitare électrique. Le dualisme de Patience se retrouve aussi dans le visuel réalisé par l’artiste en personne et le réalisateur Nick Harwood. La narration nous ramène à nos années jeunesse, dans les méandres torturants de nos cours de gym, du moins ceux que l’on n’a pas contournés par de faux certificats médicaux. Subtilement déguisé en clown, Maine délivre alors un spectacle à ses camarades avant de se faire violemment attaquer à coup de ballons de basket. Pas vraiment sûr·es d’avoir capté les métaphores sous-jacentes, mais qu’importe : l’univers est convaincant, les plans sont attractifs et la musique est un bijou. What else ?

Lubiana – Self Love

Comme souvent, tout est parti d’un rêve. De ceux qui ont un sens, intime et persistant. Quand elle avait 21 ans, ce rêve a lié Lubiana à son instrument. Mais c’est sa détermination et son talent qui l’ont ancrée dans le présent. Lubiana est notre découverte de la semaine, tout en métissage culturel et fusion d’influences diverses. Armée de son kora, instrument issu du patrimoine africain semblable à la harpe, c’est tout en délicatesse que le jeune belgo-camerounaise nous livre une ode à l’amour de soi des plus enchanteresses. Étant l’une des seules femmes korafolas (nom attribué aux joueur·euses de kora), elle porte avec cette musique une myriade de messages et de couleurs inspirantes. Le visuel reflète toute la légèreté du titre en misant sur un univers monochrome aux tons de camel qui capture le corps nu de Lubiana habillée par son imposant instrument, élément central de l’identité musicale de la chanteuse. Quand simplicité rime avec élégance.

JAKOMO – Onlyu

Le groupe bruxellois tout droit sorti du suave rock américain nous offre un nouveau clip tout en douceur. Le nouveau single de JAKOMO est apparu comme une surprise cette semaine. Onlyu nous fait un peu penser au groove sensible de Feng Suave et nous emmène au bord d’une balade avec les crooners sur les refrains – un son très apprécié par notre appareil auditif. Quant au visuel, nous sommes plongé·es dans un univers ensoleillé et fleuri qui met en scène une petite fille, le tout réalisé par Anne Ballon. Une vidéo qui fait chaud au cœur et contraste avec le froid hivernal. JAKOMO faisait d’ailleurs la première partie de Boy Pablo le 7 mars dernier, mais on vous en parle très bientôt. On attend avec impatience les prochaines surprises du groupe.

The Lemon Twigs – The One

Votre groupe de rock déjanté préféré est de retour pour toujours plus d’aventures vintages ! The Lemon Twigs annoncent leur nouvel album Songs For The General Public pour le 1er mai prochain avec le single The One. Les américains ne déçoivent donc jamais. Ils nous ramènent avec chaque morceau à la bonne humeur des Beatles, des Beach Boys et des Kinks. La mise en scène de leur propre personne est toujours aussi réussie avec un humour assez indescriptible mené par l’autodérision. Les Lemon Twigs partent à l’aventure à bord d’un vieux van américain et en compagnie de leur divine excentricité. De quoi mettre tout le monde de bonne humeur. Le morceau en lui-même ne s’éloigne pas des habitudes musicales du groupe, ce qui est loin d’être un problème. Après deux écoutes seulement, on a déjà le refrain en tête. Ils parlent de l’amour avec une amertume presque joyeuse, et l’effet est explosif.