Lous and the Yakuza tourbillonne sur son Dilemme

Tu fais tourner ?
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On n’était pas prêt. L’urbain et la poésie font équipe une fois de plus sous la plume et le flow torrentueux de la jeune Lous and The Yakuza. Nouvelle venue de la scène belge hyper-fructueuse, c’est mélangeant les cultures rwandaises, congolaises, japonaises et belges que la talentueuse Marie-Pierra s’est façonné un personnage, un univers et une esthétique accrocheuse et troublante. Avec son premier morceau Dilemme, elle s’offre le luxe d’une composition de maître réalisée par le beatmaker bruxellois Ponko (aux manettes de multiples morceaux du rappeur Hamza) et dont les kicks lancinants englobent l’ensemble d’une incandescente et impertinente bestialité. 

Le clip traduit l’essence même des lignes de Dilemme : les tourments corrosifs d’une femme forte victime de ses sentiments se traduit par un imbroglio de corps en mouvement, se mélangeant gracieusement les uns les autres pour offrir une mosaïque de somptueux tableaux aux couleurs de l’ébène. Tantôt marquise évoluant dans le luxueux cadre d’un manoir, tantôt reine de cité en ébullition, Lous crève l’écran pour nous scander ses questionnements les plus profonds en empruntant à la langue de Molière tant sa franchise que sa beauté. “Lous, es-tu sereine ou fais-tu juste la guerre ? La vie est une chienne qu’il faut garder en laisse.” Un premier titre sublime qui se dresse comme la présentation sans pudeur d’une musicienne écorchée vive, dont l’histoire se narre au rythme d’une musique singulière, d’une voix enchanteresse et d’un charisme magnétisant. La claque est monumentale et la découverte est savoureuse, et si la jeune pépite belge a encore beaucoup à nous raconter, il nous faudra patienter jusqu’à la sortie de son album Gore, produit par l’hispanique El Guincho, le génie derrière les majestueuses compositions de la reine du flamenco urbain Rosalìa. Rien de plus prometteur.